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En
1968, lorsque Kantsourov est
arrivé du
village de Camia à Moscou, il a temporairement
reçu une
petite pièce dans un
appartement communautaire. On lui avait demandé de
travailler 5
ans en tant que
maçon, après quoi, on lui attribuerait son propre
appartement. Lorsque l’Union
soviétique s’est effondrée, Kantsourov
n’avait toujours
pas reçu de logis.
Depuis 36 ans, il
vit dans sa chambre minuscule mais il ne
proteste pas. D’ailleurs, il n’a jamais
protesté. Kantsourov
ne sait
pas faire
de choix. Il accepte sa condition. Il vit comme un soldat dans sa
caserne,
parce qu’il a peur de la vie extérieure,
probablement à
cause des sans-abri. Il
a aussi peur que l’État démolisse
l’immeuble où il
habite, parce qu’il
s’effrite et qu’il demeure insalubre. Si les
autorités
décidaient de démolir
l’immeuble, Kantsourov ne serait pas relogé. Il
deviendrait
lui-même un
sans-abri; cette pensée l’obsède et
l’effraie.
L’état
actuel de
Kantsourov
ne l’empêche toutefois pas
d’être heureux parce qu’il a en
lui une grande
volonté, et surtout, il est libre. Kantsourov est un peintre
d’une force
incroyable. Il se considère comme le gardien de la vie et de
la
patrie. La
beauté et la profondeur de ses œuvres sont
indescriptibles. La
peinture donne
une raison de vivre à cet homme qui interprète la
nature
comme un
porte-bonheur.
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Alexeï
Yakovlevitch Sizov
était un sujet idéal pour le régime.
Convoqué dans l’armée alors
qu’il ne
parlait pas le russe, on l’éduqua
jusqu’au niveau universitaire.
Sizov adhérait
totalement aux valeurs communistes. Grâce à sa
bonne
volonté et à son bon
comportement, il gradua rapidement au sein de
l’armée
soviétique. De simple
soldat, il passa au grade d’armurier à la base
aérienne.
Il fut ensuite promu
colonel pour être finalement affecté au
laboratoire
scientifique de la section
des missiles.
Parce que
l’État l’avait
éduqué, Sizov lui en était
reconnaissant. C’est
pourquoi, durant vingt ans, il
dénonça les injustices et les actes criminels
dont il
était témoin, en écrivant
au Comité central du Parti communiste de l’URSS.
À
l’époque, cette initiative
était très risquée. Sizov est
demeuré
vivant, mais son comportement lui causa
beaucoup de problèmes au sein de son régiment.
Parce
qu’il portait des
épaulettes, Sizov se considérait avant tout comme
un
représentant du peuple.
Sizov a
fini par être
expulsé de l’armée. On lui imposa le
poste de garde
forestier, fonction qu’il
occupe depuis 24 ans et qui, enfin, le rend heureux. Il
dénonce
toujours les
injustices et les conditions de vie de ses concitoyens. Cette action
sociale
est pour lui d’une importance primordiale, parce
qu’il n’arrive pas
à se faire
à l’idée qu’en Russie, un
pays riche, la plupart des gens
vivent comme au Tiers
monde.
Cependant, le bonheur
pour Sizov,
c’est
de peindre ses souvenirs. Il ne s’accroche plus ni
à
l’armée, ni au communisme.
C’est un homme sincère, épris de
vérité et
de justice pour tous et l’art l’aide
à transmettre ses idéaux.
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